Des mesures pour renforcer l’attractivité et la compétitivité de la façade maritime Nord

Missionnés fin janvier par le Premier ministre sur les leviers du renforcement de l’attractivité et la compétitivité des ports du Nord de la France, les Sénateurs Jérôme Bignon (Somme) et René Vandierendonck (Nord) ont remis leurs conclusions à Alain VIDALIES, Secrétaire d’Etat aux Transports, ce lundi 18 juillet après-midi.

Remise du rapport au Ministre Vidalies le 18 juillet 2016

Après avoir rencontré près de 200 élus, acteurs institutionnels et économiques, représentants d’entreprises et de salariés, de la région des Hauts de France et au niveau national, s’être rendus sur les sites de Dunkerque, Calais, Boulogne, Lille, Anvers, Bruxelles et sur les plateformes logistiques de Picardie, les deux sénateurs font une vingtaine de préconisations afin que la façade maritime Nord de France et son hinterland reprennent des parts de marchés dans la compétition qui se joue à l’échelle européenne et mondiale, notamment avec les ports du BENELUX.

L’union fait la force 

La création de la région des Hauts de France offre une opportunité sans précédent pour repenser la gouvernance collective de la façade maritime et des ports intérieurs. Jérôme Bignon et René Vandierendonck appellent de leurs vœux la mise en place d’une Conférence régionale portuaire co-pilotée par la Région et l’Etat dans l’objectif de fédérer les acteurs et de définir une politique volontariste en faveur du développement de l’activité portuaire et logistique à l’échelle régionale. Par ailleurs, ils préconisent la création d’un GIE des ports des Hauts de France – sur le modèle d’HAROPA[1] – réunissant le Grand Port Maritime de Dunkerque, le Port régional de Boulogne-Calais et associant Eurotunnel. L’objectif : une meilleure convergence des projets d’investissements et des actions communes de promotion de l’offre portuaire auprès des armateurs et des utilisateurs potentiels des ports.

Renforcer les investissements

Par rapport aux pays du BENELUX notamment, les ports et la filière logistique française ont insuffisamment fait l’objet d’investissements. Les sénateurs appellent à une accélération des investissements pour renforcer la compétitivité des infrastructures : la modernisation et l’extension des ports (nouveaux terminaux…), des mesures de soutien au report modal pour faciliter l’utilisation des modes massifiés ferroviaires et fluviaux (amélioration des dessertes, aide au transport combiné, relèvement de ponts et restauration d’écluses…), ou encore le financement par l’Etat des dragages d’accès aux ports.

Dans la lignée des rapports de M. le député Rémi Pauvros, et compte-tenu des procédures en cours, les Sénateurs demandent une conférence des financeurs pour un lancement opérationnel de la Société de projet et un dépôt du dossier à Bruxelles au plus vite. Le Canal est un projet fondamental pour développer le trafic fret et faciliter la réalisation de véritables plateformes multimodales, représentant là un gisement d’emplois et de développement économique très important pour nos territoires.

Simplifier

Le domaine portuaire n’échappe pas à la nécessité de simplification. Les sénateurs s’inquiètent du degré de complexité bureaucratique d’une escale portuaire en France. Il est temps de traiter ce point à sa juste mesure face aux concurrents flamands.

Les questions de fiscalité, de taxation foncière, d’impôts sur les sociétés et de domanialité publique, ne peuvent être éludées en ignorant le manque à gagner économique. Il est également urgent de mettre en place une instance nationale collective associant les entreprises impliquées et les utilisateurs pour assurer la traçabilité des marchandises (CCS).

La création de zones franches portuaires, visant à restaurer la dimension économique et industrielle des ports, est avancée.

Rapports Portuaires (133 sur 172)

Convergence, simplification, coopération accrue, rétablissement d’une égalité de concurrence avec la Belgique, développement des hinterlands, mise en relation des territoires, faire en sorte que tous les axes de transports – mer, fer, fleuve, route – participent ensemble à leur vitalité, donner les moyens d’une gouvernance territoriale en confiant un mandat politique à l’échelle des axes de transport majeurs que sont les ports, telle est l’approche innovante que propose le rapport.

Un point d’étape dans six mois est promis par le Secrétaire d’Etat aux Transports pour donner une suite aux préconisations des rapports sur les quatre axes maritimes, le gouvernement devant acter ses propositions dans le cadre du CIMER (Comité interministériel à la mer).

[1] HAROPA = l’ensemble portuaire de l’axe Seine réunissant les ports du Havre, de Rouen et de Paris

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René Vandierendonck, Sénateur du Nord – Groupe socialiste – Sénat, 15 rue de Vaugirard 75291 Paris Cedex 06 – Me contacterPlan du SiteMentions Légales